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En 2002, la marque allemande Smart lève le voile sur un drôle d’engin : le Smart Roadster. La marque voit grand durant cette décennie et dévoile des modèles sur différents créneaux … de niches. Après l’improbable Smart Crossblade, la marque cherche à élargir ses gammes et son public. Avec ses indéniables qualités, le Roadster va faire un flop monumental. Ayant besoin de liquidité, le nouveau groupe Daimler-Chrysler va mettre un coup d’arrêt à la petite voiture.

Smart Roadster : un modèle, deux versions

Le début des années 2000 chez Smart est bien curieux : la marque déploie la petite FortTwo dans les grandes agglomérations européenne et ce fait une place en or dans le cœur des citadins. La « grande » Smart à 4 places, la Forfour, est en développement avec un jumeau crossover. Durant le Salon de Paris 2002, la marque lève le voile sur son stand sur deux véhicules surprenants : le Smart Roadster et son pendant à toit dur. En réalité, le Smart Roadster Coupé n’arrive sur le marché qu’en 2004. Comment faire la différence entre les deux carrosseries ? Le coupé est doté d’une bulle de verre à l’arrière. Le roadster, comme le coupé, sont disponibles avec un toit en toile qui se rabat électriquement, même en roulant, sans limitation de vitesse ou en hard-top.

Sur le stand du constructeur, la Roadster et la coupé sont fermées mais ils provoquent la curiosité des visiteurs. Le réseau Smart est interloqué, ils ne s’attendaient pas à un tel look. Les premiers retours de la presse qualifient la voiture comme à la fois charmeuse et étrange. Le constructeur allemand, voit l’opportunité de sortir de l’ombre et des villes avec une voiture fun et plaisante. Le réseau lui voit enfin du volume. Début 2003, les premiers essais presses ont lieu et les premières impressions de conduite sont bonnes et pour seuls défauts un prix trop élevé et une boîte de vitesses un peu lente.

Smart Roadster

Smart : la marque qui veut sa Miata

L’Allemande entre ainsi en concurrence avec la Fiat Barchetta, MG F et surtout la reine : la Mazda Mx-5. Le constructeur allemand puisse son inspiration dans les roadsters anglais des années 1960 pour concevoir son roadster léger et propulsion. Sous le capot, le Smart Roadster développe 61 ou 82 ch, tandis que le coupé n’offre que le 82ch. Dans les deux cas, c’est le même petit 3 cylindres en position arrière qui officie.

Une version Brabus

En avril 2003, les premières livraisons ont lieu et il faudra faire vite, car les jours de la Smart Roadster sont déjà comptés ! Dès 2005, les versions Brabus arrivent en concessions et ce sont principalement les séries spéciales qui vont animer la courte vie du roadster allemand. Mais revenons à la version Brabus. Sous le capot le moteur se voit booster à 101ch avec une double sortie d’échappement central. La version Brabus gagne une suspension abaissée, l’embrayage renforcé et le temps de réponse de la boîte est plus rapides. De série, la Smart Roadster reçoit des jantes alu de 17 pouces. La Brabus Exclusive ajoute divers éléments en aluminium et un habillage en cuir.

Smart Roadster

Une esthétique de jouet pour adulte

Pourtant, la puissance du design de la Roadster est de s’éloigner de la mini citadine en proposant un design proche par de petits détails. Ainsi, nous retrouvons la cellule Tridion, caractéristique des modèles de la marque, pour le reste il s’agit d’une ForTwo allongée et modifiée. Sur les versions classiques, la cellule Trillion est peinte en gris argent ou en noir, hors Brabus. Le reste de la carrosserie, nommées « Body Panels » par Smart, sont en plastique assemblé à la coque. La face avant adopte une sorte de sourire fait d’une prise d’air centrale remontant vers les blocs optiques et le pare-brise. Certains journalistes qualifient l’avant de la voiture comme d’un jouet sur roues.

Les ailes marquées accentuent le côté sportif de la voiture avec des voies avant et arrière élargies. Le coupé bénéficie d’un pare-brise qui se prolonge par la bulle au-dessus du coffre arrière. Cette « bulle » permet d’offrir davantage d’espace… pour les bagages. Comme sur une Alpine A310, le capot avant s’ouvre avec une poignée située dans la boîte à gants. La bulle peut compter sur un becquet qui intègre le troisième feu-stop.

Smart Roadster

L’habitacle : pas à la hauteur du standing

L’intérieur est à la taille de l’extérieur : minuscule. Pourtant installée à son bord, la Smart offre de l’espace. Point négatif, le volant n’est réglable ni en profondeur, ni en hauteur. La planche de bord, jugée ludique dans sa présentation, déçoit par sa finition pas à la hauteur de son tarif. Fait de plastiques durs, d’assemblages limites. L’équipement de base réduit au strict minimum, seule la climatisation manuelle est de série. Pour le reste, il faut piocher dans le catalogue des options, comme le régulateur de vitesse, le cuir, le pack audio, les rétroviseurs électriques, l’autoradio CD et même l’ordinateur de bord. Radin les Allemands ? Oui.

Smart Roadster

Sous le capot : un trois cylindres

Qui dit propulsion dit moteur à l’arrière et le point fort de l’Allemande est justement ce petit 3 cylindres (en version Brabus). Le moteur dopé au turbo et possède un rendement très atypique : 117,44 ch/l. Même une McLaren n’affiche pas un tel rendement ! Côté pollution et consommation, le 700 cm3 est un bijou d’ingénierie. Bon, soyons honnête, le moteur n’est pas un foudre de guerre, avec un 0 à 100 expédié en 11,7 secondes. La Smart Roadster profite également d’un centre de gravité très bas.

Les deux versions prouvent qu’on peut faire une petite voiture sportive, du moment qu’on mise sur la légèreté et un poids contenu. Les accélérations sont linéaires et le bruit du turbo régale, dans les virages, la voiture offre une agilité hors pair. Malgré des freins tambour à l’arrière, ces derniers ne sont jamais dépassés par la situation.

Une mort rapide

Malgré la venue des versions Brabus, le groupe Daimler-Chrysler signe l’arrêt de mort du Smart Roadster dès l’année 2005. Les propriétaires de Smart Roadster vont très mal le prendre et en profiter pour ériger le petit roadster au rang « d’icône ». Si à sa sortie, la petite Smart a eu de nombreux reproches concernant son prix c’est désormais du passé, où l’Allemande est enfin attractive. Pour le public non averti, il est difficile de faire le lien entre une Smart ForTwo et une Smart Roadster. Dès 2006, la marque met sur le marché une édition finale qui prend le nom « d’Edition Collections », qui signe la fin de vie du modèle. La Smart Roadster et coupé disparaissent définitivement en 2007 après 43 000 exemplaires.

Smart Roadster

L’Avis des Cylindres :

Pleine de qualités, la petite Smart Roadster est pénalisée à son lancement par son prix de vente. L’Allemande nécessite tout de même une attention particulière : la marque préconise une révision tous les 10 000 km. Le remplacement des bougies tous les 30 000 km ainsi qu’une huile de qualité. Avant achat, il faudra bien vérifier l’état des joints de la capote, des problèmes d’étanchéités ont été remontés et le SAV a fait le reste, mais des exemplaires ont pu passer à travers les rappels. Dans une moindre mesure, il faudra régulièrement graisser les glissières du toit et régler le toit.

Plus grave, dans certains cas, on remonte des usures prématurées du moteur avec une perte de compression signifiant un remplacement du bloc moteur. On est bien chez Mercedes, la lubrification de l’actuateur d’embrayage doit être faite avec de la graisse blanche au lithium. Autre maladie connue sur le Roadster : la fragilité du tuyau de climatisation longeant le bas de caisse, le boîtier électronique SAM dysfonctionne à répétition. Enfin, en plus du toit, des soucis d’étanchéités touchent aussi le hard-top et les feux arrière.

Du côté de la motorisation, si le 63ch est correct, le 82ch est préférable. Il se distingue par plus de puissance et de reprise, tout en étant proche en termes de tarif du 63ch. En somme, le 101ch transforme la Smart Roadster en petite sportive, mais c’est la version la plus recherchée.

On termine notre article par le point financier : une Smart Roadster se négocie dès 5 500€ avec plus de 150 000 kilomètres, mais dont l’état nécessite quelques frais. Entre 100 et 150 000 kilomètres, l’Allemande demande entre 6 800 et 7 500€. Les plus beaux exemplaires avec moins de 100 000 kilomètres et les versions Brabus réclament entre 10 000 et 13 000€.

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Guillaume Pina

Passionné par l'automobile depuis tout petit, j'adore l'automobile ancienne, mais aussi les plus récentes. Je m'intéresse tout particulièrement au design des voitures, les anecdotes autour de leur conception et encore plus quand elles ont fait un flop !